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Poursuite oculaire lente

Motility3 minBêta

Ce que le test mesure

La poursuite oculaire lente maintient une cible mobile sur la fovéa. Elle exige une cible en mouvement : le patient ne peut pas la produire volontairement sur un fond fixe.

La qualité de la poursuite s’exprime par le gain : vitesse de l’œil divisée par vitesse de la cible. Un gain de 1 signifie que l’œil suit exactement la cible. En dessous, l’œil prend du retard et le système visuel corrige l’erreur de position par une saccade de rattrapage. Des saccades fréquentes signifient que la poursuite ne suit plus.

Une trajectoire sinusoïdale est utilisée parce que sa vitesse varie progressivement et se répète à l’identique : la même contrainte peut être reproposée plus tard. La poursuite est normalement meilleure à l’horizontale qu’à la verticale, et le gain diminue quand la vitesse augmente.

Comment le test est réalisé

Le patient est assis à une distance confortable, avec sa correction habituelle, la tête immobile. L’immobilité de la tête est la condition du test : un patient qui tourne la tête utilise le réflexe vestibulo-oculaire et non la poursuite.

L’écran est à hauteur des yeux, l’éclairage ambiant stable et sans reflet sur la dalle. La cible se déplace selon la trajectoire et la vitesse choisies. Le patient la suit des yeux seulement, en clignant peu et sans la devancer.

La poursuite horizontale est testée en premier, puis la verticale, puis les obliques et circulaires. Commencez lentement, n’augmentez la vitesse que tant que la poursuite reste régulière.

L’orthoptiste se place de côté et observe les yeux plutôt que l’écran : il note si les deux yeux suivent ensemble, si l’un est en retard, si la poursuite se dégrade dans une direction, et si le patient perd la cible aux rebroussements.

Lecture du résultat

VisReed présente la cible et n’enregistre rien. Le résultat est ce que le clinicien observe, consigné au dossier avec la trajectoire, la vitesse et la taille de cible : les mêmes réglages sont nécessaires pour comparer deux séances.

Observez si les yeux suivent la cible. Une poursuite réduite donne des yeux qui traînent puis la rejoignent d’un bond, par une saccade de rattrapage. Des saccades occasionnelles à vitesse élevée sont attendues, des saccades fréquentes à vitesse faible non.

L’endroit où la poursuite se dégrade compte : une dégradation dans une seule direction évoque un problème directionnel, alors qu’aux rebroussements, là où la vitesse est la plus basse, elle traduit souvent l’attention.

Comparez les yeux, les directions et les séances, et le patient à son propre résultat antérieur plutôt qu’à une valeur publiée. La poursuite se dégrade avec l’inattention, la fatigue et de nombreux médicaments : un résultat médiocre chez un patient fatigué signifie peu.

Quand l’utiliser

La poursuite est testée devant une suspicion de dysfonction oculomotrice chez l’enfant, avec l’étude des saccades et de la convergence. Elle est testée après une commotion cérébrale, où les déficits sont fréquents, et comme mesure de référence répétée en rééducation orthoptique.

Elle convient aussi au patient qui rapporte que le texte bouge sur la page, et au suivi neurologique où la poursuite est un signe parmi d’autres. Une anomalie de poursuite est un signe : interprétez-la avec le reste de l’examen.

Limites

Ce test est en version bêta : considérez le résultat comme indicatif, non comme une mesure clinique établie.

Rien n’est enregistré : ni oculométrie ni chronométrage. La qualité de la poursuite est jugée par le clinicien qui observe les yeux, jugement qui varie selon l’observateur ; une faible baisse de gain que détecterait un oculomètre reste invisible à l’œil nu.

La distance d’observation n’est pas fixée : la vitesse de la cible en degrés par seconde dépend de la distance et de la taille de l’écran. Un même réglage sur un téléphone à 30 cm et sur un moniteur à un mètre impose des contraintes très différentes.

La fréquence de rafraîchissement limite la régularité de la cible : sur un écran lent, elle avance par sauts, ce qui peut provoquer des saccades.

Les mouvements de tête et l’éclairage ambiant ne sont pas contrôlés. Ce test ne remplace pas une vidéo-oculographie de laboratoire si une valeur de gain chiffrée est nécessaire.

Réaliser ce test sur un patient

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