← Tests orthoptiques

Labyrinthe orthoptique

Screening4 minBêta

Ce que le test mesure

Le labyrinthe orthoptique place la poursuite et la fixation sous charge visuomotrice. Le patient suit des yeux un chemin dans un labyrinthe et le trace du doigt ou d’un pointeur, en restant à l’intérieur du couloir.

Suivre le trait exige une poursuite oculaire lente le long d’une trajectoire irrégulière, une fixation stable aux intersections et une saccade à chaque changement de direction. Le geste de la main ajoute une coordination œil-main qu’une simple cible mobile ne demande pas.

C’est une tâche fonctionnelle. Elle n’isole ni un muscle ni une voie. Elle montre comment le système oculomoteur tient lorsque les yeux font quelque chose au lieu de regarder quelque chose. Des patients qui suivent normalement une cible simple sont parfois en difficulté ici, car la planification et la sortie motrice s’y ajoutent.

Comment le test est réalisé

Le patient est assis à 30 à 40 cm de l’écran, avec sa correction de près habituelle, les deux yeux ouverts, la tête immobile et capable de voir tout le labyrinthe sans la tourner. L’écran est à hauteur des yeux, dans un éclairage modéré et stable, sans reflet.

La consigne est de tracer du repère de départ au repère d’arrivée sans sortir du couloir et sans lever le doigt. Le rythme compte plus que la vitesse : un patient qui se précipite produit des erreurs qui ne disent rien de son contrôle oculomoteur.

L’orthoptiste choisit un niveau adapté à l’âge et aux capacités du patient, en commençant simple, et observe les yeux plutôt que l’écran, en notant les mouvements de tête, la perte du repère, les retours en arrière et l’usage du doigt comme guide.

Lecture du résultat

VisReed enregistre deux choses : la réussite du parcours et le temps mis en secondes. Le tracé n’est pas noté : ni ampleur des écarts, ni contacts avec les parois.

La poursuite et la stabilité de fixation sont donc jugées par le clinicien, d’après le tracé à l’écran, le temps et l’observation.

Un tracé qui reste dans le couloir avec peu de corrections indique que la poursuite et la fixation ont tenu ; les écarts, les dépassements dans les virages et les retours répétés à une intersection indiquent le contraire.

L’endroit où se concentrent les erreurs porte l’information : aux changements de direction, elles orientent vers le contrôle saccadique et la fixation ; le long des segments droits, vers la poursuite.

Le temps sert de contexte au tracé, non de score en soi.

L’observation vaut autant que le tracé : tête tournée au lieu des yeux, repère perdu, doigt nécessaire pour tenir la ligne, page qui bouge.

Comparez le patient à sa propre tentative au même niveau : des labyrinthes différents ne sont pas équivalents.

Quand l’utiliser

Le labyrinthe dépiste les enfants en difficulté de lecture ou suspects de trouble oculomoteur, car la tâche ressemble à ce que la lecture demande aux yeux.

Il sert aussi d’exercice de rééducation, répété au cours d’une prise en charge orthoptique, et après un traumatisme crânien dans une évaluation plus large du traitement visuel. Une performance médiocre est une raison de chercher plus loin, non un diagnostic.

Limites

Ce test est en version bêta : considérez le résultat comme indicatif, non comme une mesure clinique établie.

Il n’isole rien : l’échec peut venir du contrôle oculomoteur, de l’attention, de la coordination motrice, du traitement visuel ou d’une consigne mal comprise, et le labyrinthe ne les sépare pas.

Il n’y a pas d’enregistrement des mouvements oculaires, et le tracé n’est pas analysé : position des yeux et qualité du tracé se déduisent de ce que voit le clinicien, notez-les pendant l’essai.

Aucune norme publiée n’existe pour cette tâche : comparez le patient à lui-même d’une séance à l’autre. L’effet d’apprentissage est marqué, et un labyrinthe répété devient une tâche de mémoire.

La distance d’observation et la taille de l’écran ne sont pas contrôlées : la taille angulaire du parcours varie. Sur un petit écran, il sous-tend un angle faible et demande beaucoup moins de mouvements oculaires.

Le périphérique de saisie change la tâche : doigt sur écran tactile, stylet et souris sont trois tâches motrices distinctes, non comparables entre elles.

Réaliser ce test sur un patient

Ouvrir l’espace Practice →