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Antisaccades

Motility5 minBêta

Ce que le test mesure

La tâche d’antisaccades mesure le contrôle volontaire d’un mouvement oculaire réflexe. Un stimulus apparaît brusquement d’un côté et le réflexe est de le regarder. La tâche impose d’inhiber ce réflexe et de porter le regard en position miroir, du côté opposé, où se trouve l’information utile.

Deux capacités sont sollicitées : l’inhibition de la saccade réflexe, et la production d’une saccade volontaire vers une position dépourvue de stimulus au moment du départ. Les échecs de la première se voient comme un regard attiré par le distracteur. Les échecs de la seconde donnent des mouvements tardifs ou hypométriques.

La performance dépend du contrôle frontal du système saccadique et de l’attention soutenue. Elle progresse pendant l’enfance et décline avec l’âge.

Comment le test est réalisé

Le patient est assis à une distance confortable de l’écran, avec sa correction habituelle, la tête immobile. L’éclairage reste modéré et stable, sans reflet sur la dalle.

Chaque essai débute par un point de fixation central. Un point clignote brièvement d’un côté. La cible, un caractère unique, apparaît brièvement du côté opposé. Le patient rapporte ce caractère. Une réponse correcte signifie que le regard a atteint le côté opposé pendant que le caractère était affiché.

L’orthoptiste explique que le point est le distracteur et que le caractère apparaît toujours du côté opposé, fait des essais d’entraînement jusqu’à ce que la consigne soit comprise, puis lance la série enregistrée sans plus guider le patient, car toute incitation fausse les latences.

Les durées des stimulus et le nombre d’essais sont réglés avant de commencer. Gardez-les identiques d’une séance à l’autre : un caractère plus bref rend la tâche plus difficile.

Lecture du résultat

VisReed note chaque essai juste ou faux et le chronomètre, puis donne l’exactitude sur la série et un temps de réponse moyen sur les essais corrects.

L’exactitude est la proportion d’essais où le caractère a été rapporté correctement. Une valeur basse indique que l’attention a suivi le distracteur au lieu de s’en détourner.

Le temps de réponse court de l’apparition de la cible à la réponse donnée : il inclut donc la saisie du caractère. C’est un temps de réponse, non une latence saccadique. Un temps long traduit une orientation volontaire plus lente, ou une stratégie d’inhibition plus coûteuse.

Lisez les deux ensemble. Un patient lent et précis échange la vitesse contre le contrôle. Un patient rapide qui fait beaucoup d’erreurs n’inhibe pas. Les deux diffèrent d’un patient à la fois lent et imprécis.

Des erreurs groupées en début de série évoquent une consigne mal comprise. Des erreurs croissantes au fil de la série évoquent la fatigue. Comparez le patient à ses propres mesures répétées, et non aux valeurs publiées d’antisaccades, qui proviennent d’oculométrie.

Quand l’utiliser

La tâche est utilisée devant une suspicion de difficulté oculomotrice ou attentionnelle chez l’enfant, avec l’étude de la poursuite et de la convergence. Elle est utilisée après une lésion cérébrale acquise et dans les atteintes du fonctionnement frontal, comme une observation parmi d’autres.

Elle sert aussi de mesure de référence avant une rééducation orthoptique du contrôle saccadique. Un résultat médiocre contribue à un tableau : il n’identifie pas une pathologie à lui seul.

Limites

Ce test est en version bêta : considérez le résultat comme indicatif, non comme une mesure clinique établie.

La réponse est un rapport manuel et non un enregistrement de la position oculaire : la direction du regard est déduite. Un patient qui regarde d’abord le distracteur puis se corrige peut quand même rapporter le caractère, et cet essai compte comme correct. L’exactitude surestime donc la qualité de l’inhibition.

Le temps enregistré contient le temps de réaction manuel et dépasse largement une latence saccadique mesurée par oculométrie. Le rafraîchissement de l’écran et la saisie ajoutent un délai variable.

La distance d’observation n’est pas fixée : l’excentricité des stimulus en degrés varie d’une séance et d’un patient à l’autre. L’éclairage ambiant n’est pas contrôlé.

Le résultat dépend de l’attention, de la compréhension et de la motivation : un score médiocre chez un patient fatigué signifie peu. Cette tâche ne remplace pas une oculographie de laboratoire.

Réaliser ce test sur un patient

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